Effets
Une exposition massive entraîne des effets négatifs surtout chez les plus petits.
Il n’y a pas de seuil d’exposition décrit. Il n’y a pas non plus dans la littérature de certitudes pour tous les effets supposés car il existe des interactions avec les comportements entourant l’usage des écrans, l’environnement, l’éducation, la relation parent-enfant ; et dépend de l’âge, du type d’écran (actif/passif) et du contenu. Des différences existent aussi selon que l’écran soit fixe ou nomade (soit un écran que l’on peut transporter avec soi tel un smartphone ou une tablette). Certaines conséquences telles que le surpoids peuvent être plus fréquentes avec les écrans fixes mais peuvent aussi se retrouver avec les écrans nomades. Cependant, même si l’association entre le temps d’écran et un effet relève parfois de la présomption scientifique, ces liens existent et donc une vigilance toute particulière devrait être apportée. Et ce, en particulier concernant les différents domaines cités ci-après.
A noter en outre qu’utilisés à bon escient, les écrans peuvent aussi représenter une ressource.
- Être assis devant une télé entraine une sédentarité avec une diminution de l’activité physique
- Risque d’augmentation des chiffres de la pression artérielle
- Nombreuses publicités en lien avec la nourriture (16% des publicités) qui incitent à la consommation
- Risque de troubles cardio-vasculaires majoré par les grignotages, avec notamment les sodas
- Risque de quantités ingérées plus importantes
- Interactions riches et variées nécessaires pour un bon développement psychomoteur
- Troubles du développement psycho-affectif : le relationnel physique est primordial pour la construction psychoaffective et la représentation du corps de l'enfant dans l'espace
- Apprentissages rendus plus difficiles
- Troubles du langage augmentent proportionnellement au temps passé devant les écrans, risque majoré quand le contenu n’est pas discuté avec les parents
- Troubles moteurs : les écrans tactiles entraineraient des troubles de la motricité fine, bien qu'il existe des études contradictoires à ce sujet
- Trouble du développement psycho-social avec risque de défaut d’agentivité (difficulté à se constituer en tant qu’acteur du monde autonome et persévérant) et de défaut de développement d'empathie avec émergence de comportements violents.
- Temps passé devant les écrans très attractifs (« télé-méduse ») qualifié de « temps volé » pour les apprentissages cognitifs, manuels et sociaux fondamentaux. Ce qui donne moins de temps dans le monde réel pour les interactions sociales, les jeux d’imitation, de manipulation, l'imagination, la gestion des émotions, l' activité physique, le sommeil.
- Emergence d'un nouveau terme : syndrome de l'exposition précoce et excessive aux écrans (EPEE), qui regroupe troubles de l’attention avec instabilité, un retard du langage qui devient évident à partir de 2- 3 ans, des troubles de la motricité fine, un intérêt plus exclusif pour l’écran, des troubles relationnels sous forme d’agitation voire d’agressivité. Ces symptômes sont réversibles si une utilisation correcte, c’est à dire encadrée et interactive, est réalisée avec les parents.
- Difficulté d’auto-régulation
- Augmentation de la latence d’endormissement (du fait d’une inhibition de la mélatonine par la lumière bleue émise par les LED) qui augmente avec le nombre d'écrans
- Quantité de sommeil insuffisante
- Qualité de sommeil altérée
- Réveils plus nombreux
- Fatigue et difficulté de concentration, d'apprentissage et fléchissement des résultats scolaires
- Troubles anxio-depressifs
- Syndrome de la vision artificielle avec : asthénopie (fatigue oculaire entraînant une vision floue), sécheresse oculaire, céphalées pouvant engendrer des troubles de la concentration
- Myopie et astigmatisme transitoire (discutée)
- DMLA par toxicité de la lumière bleue sur la rétine (discutée)
- Syndrome de la vision artificielle suite à l'exposition aux vidéos 3D (conflit accomodation-vergence)
- Interactions nécessaires au bon développement tant cognitif qu’émotionnel de l'enfant diminuées si le parent regarde son écran (pendant les repas et les jeux par exemple)
- Influence du temps d’exposition des écrans par les parents eux-même : des parents regardant leurs écrans devant les enfants peut être un risque que ces derniers, par imitation, les utilisent à leur tour.
- Risque d'une baisse de vigilance de la part des parents : un parent sur un écran peut ne pas se rendre compte d’un accident domestique
- A différencier d’un usage passionné, ne pas surmédicaliser
- A ne pas méconnaître : la pratique excessive de jeux vidéos peut être le symptôme d’une souffrance d’une mésestime de soi avec une tentative d’un comblement de ce manque de reconnaissance
- Phénomène de tolérance peut s'observer : incitation à un besoin de consommation de plus en plus poussé pour répondre à un plaisir instantané
- Critères centraux de l’addiction (c’est-à-dire le sevrage, le conflit et la rechute ou perte de contrôle) + critères périphériques comme n’être concentré que sur un seul sujet, le besoin de chercher toujours plus de jeu et un sentiment d’euphorie pendant les phases de jeu
- Anxiété et sentiment d'insécurité sur Internet
- Cyberharcèlement
- Programmes violents ou pornographiques pouvant engendrer des idées violentes, une nervosité, une précocité sexuelle et des comportements à risque. Un environnement moins violent dans la vie réelle est un facteur protecteur.
- Bénéfice des jeux vidéos de stratégie : enfant en permanence stimulé, amélioration des performances avec des sentiments de satisfaction positive. D'autres jeux vidéos peuvent promouvoir et favoriser l’activité physique.
- Si les contenus des programmes visualisés sont discutés avec les parents : apprendre à élaborer un débat, aiguiser l’esprit critique, partager mutuellement des connaissances telles que l’apprentissage de la recherche et de la vérification d’informations.
- Sociabilisation via les réseaux sociaux ou autres jeux en ligne. Même si les capacités adaptatives mises en jeu dans les relations sociales réelles sont différentes, ces applications peuvent soutenir des adolescents isolés et certaines sont mêmes des médiations utilisées dans le soin.
- Usage interactif des écrans peut être bénéfique si accompagné et contrôlé par un adulte (meilleure compréhension d'une histoire par exemple)